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Les autorités italiennes ont ordonné une détention administrative de 20 jours de l’Ocean Viking (le navire de sauvetage de l'association SOS Méditerranée) ainsi qu’une amende de 3 300€, sous l’égide du décret-loi italien du 2 janvier 2023, aussi appelé « décret Piantedosi ».

En contradiction avec le droit maritime, ce décret impose aux navires de sauvetage de se rendre directement au port assigné après une intervention, sans prêter assistance à d'éventuelles embarcations à proximité.

Or, dans la nuit du 11 au 12 novembre, alors qu'il faisait route vers le port d'Ortona pour débarquer des rescapés, l'Ocean Viking a reçu une alerte concernant un bateau en détresse avec 34 personnes à bord situé à 30 km de sa position. Après avoir tenté sans succès d'interpeler les autorités libyennes responsables, l'équipage de l'Ocean Viking a pris la décision d'aller leur porter secours. Et heureusement car l'un des passagers n'aurait sinon probablement pas survécu.

Pour avoir accompli sa mission de sauvetage, l'ONG écope donc d'une amende et surtout, l'Ocean Viking est retenu à quai et ne peut plus porter secours aux personnes qui tentent la traversée de la Méditerranée centrale. Cette année, les navires d'ONG ont déjà subi douze immobilisations, privant la zone des moyens de sauvetage, déjà largement insuffisants, dont elle dispose.

Ces politiques migratoires italiennes, françaises et européennes tuent. En moyenne, une dizaine de personnes meurent chaque jour en Méditerranée.

Le projet de loi « asile et immigration » sera débattue au Sénat à partir du lundi 6 novembre. Darmanin instrumentalise l’assassinat du professeur à Arras pour durcir encore son discours sur l’immigration. Les personnes migrantes sont considérées désormais non plus seulement comme des délinquantes mais comme de potentielles terroristes. Les politiciens de droite se servent ainsi du contexte politique pour criminaliser les personnes qui sont venues et viennent en France pour fuir la guerre, les persécutions, la misère ou les conséquences du dérèglement climatique.

Les débats au Sénat sont critiques car les Républicains y sont majoritaires avec dans leur ligne de mire la suppression de l'aide médicale d'État (AME) qui permet aux sans-papiers de se faire soigner.

Rappelons que, loin d'être ruineuse ou d'inciter au tourisme médical, l'AME ne représente que 0,47% du budget de l'Assurance maladie et ne permet l'accès qu'à un panier de soin réduit, inférieur à celui de l'ex-CMU. En outre, seule la moitié des sans-papiers qui pourraient en bénéficier y ont recours du fait de l'ignorance de leurs droits, de la peur de la police et de la complexité administrative.

Enfin, exclure des soins une partie de la population est non seulement inhumain mais une hérésie en matière de santé publique car les microbes se fichent du statut des personnes qu'ils infectent. Le porte-parole du gouvernement et le ministre de la Santé se sont d'ailleurs dits opposés à la suppression de l'AME !

Pour un accueil digne, une couverture santé décente pour toutes et tous ! Défendons l’AME dans la rue le 6 novembre à 13h devant le Sénat ! Soyons-y nombreux !

Le prochain cercle de silence se tiendra ce vendredi 18 aout à 18h30, place du Palais Royal, devant le Conseil d'Etat. N'hésitez pas à nous rejoindre, votre présence est précieuse, même si vous ne pouvez pas rester toute l'heure !

La situation en Méditerranée est toujours aussi tragique, le nombre de départs augmentant pendant l'été malgré des conditions météorologiques très variables. Entre le 10 et le 11 aout, SOS Méditerranée a ainsi procédé à 15 sauvetages totalisant 623 personnes. Malgré cela, les naufrages continuent de se multiplier et plus de 1800 personnes ont perdu la vie en Méditerranée depuis le mois de janvier (soit le double du nombre de décès en 2022 sur la même période). Au lieu de prendre des mesures pour sauver des vies en mer, la seule réponse des gouvernements européens est toujours plus répressive. L'Europe continue ainsi son partenariat avec les gardes-côtes libyens qui renvoient les migrants dans un pays où ils sont détenus dans des conditions inhumaines et subissent viol et torture. Les mêmes garde-côtes libyens qui ont récemment tiré des coups de feu à proximité des canaux de sauvetage de SOS Méditerranée. Un accord de plus de 100 millions d'euros a également été conclu avec la Tunisie pour qu'elle empêche les migrants de quitter ses côtes. Un rapport de Human Rights Watch a décrit les exactions commises par la police tunisienne contre les migrants subsahariens, les abandonnant dans le désert à la frontière avec la Libye sans eau ni nourriture. Une femme et sa fille de six ans ont ainsi été retrouvées mortes de soif.

Côté français, on assiste aussi à une escalade de la répression, notamment avec le déploiement d'une nouvelle force de police à la frontière italienne. Les pratiques illégales sont monnaie courante : refoulements de mineurs, chasse-poursuite dans les montagnes... La machine à expulser ne prend pas non plus de vacances. Un homme vivant en France depuis plus de trente ans a ainsi été expulsé du centre de rétention de Vincennes, sans aucune ressource, vers un pays dans lequel il n'a plus aucune attache.

C'est pourquoi notre mobilisation, bien que symbolique, ne doit pas faiblir. Nous vous espérons nombreux à venir exprimer votre indignation et votre solidarité envers les personnes migrantes à nos côtés !

Nous vous invitons également à la manifestation organisée par les Collectifs de Sans-Papiers ainsi qu'une centaine d'organisations le 26 aout à 15h place de la République contre la surenchère raciste et sécuritaire du gouvernement au cœur de la future loi sur l'immigration et en souvenir de l'occupation de l'église St Bernard par les sans-papiers de 1996. Soyons-y nombreux !

Si vous souhaitez une vue plus exhaustive de la situation des migrants en France et en Europe, nous vous invitons à lire les lettres bimensuelles de Michel Girard disponibles ici.

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Parlement de rue

En réaction au débat public de plus en plus hostile à l’égard des personnes étrangères et aux projets de loi du gouvernement et des Républicains prônant une politique migratoire stigmatisante et qui bafoue les droits des personnes exilées, des collectifs de personnes concernées et des associations d’accompagnement et de soutien organisent un Parlement de rue pour montrer qu’une autre approche de l’accueil est possible. Soyons-y nombreux le 1er juillet à 18h place Baudoyer.

Au programme : une audition en commission jouée par des personnes concernées et accompagnée par la compagnie de théâtre NAJE (Nous n’Abandonnerons Jamais l’Espoir) ; de prises de parole, humour, chant et la musique.

Organisé par le CCFD - Terre Solidaire, La Cimade, Coordination Sans Papiers 75, Coordination Sans Papiers 17 Saint-Just, Coordination Sans Papiers Montreuil, Coordination 93 de lutte pour les Sans Papiers, CRID, Fasti, FORIM, IPAM, Médecins du Monde, Paris d’Exil, Secours Catholique - Caritas France Cedre, Secours Catholique - Caritas France Paris, Solidarité Asie France, Sud-PTT, Union des Étudiants Exilés, Union syndicale Solidaires

L’association Utopia 56 organise un rassemblement le jeudi 22 juin à 19h place de la République à Paris suite au naufrage survenu au large de la Grèce la semaine dernière. Nous vous invitons à y venir nombreux car oui, les frontières tuent chaque année des milliers de personnes.

  • Pour la mémoire des personnes décédées et celles encore disparues,
  • Pour manifester notre soutien aux personnes rescapées et aux familles et proches des victimes,
  • Pour exiger une enquête transparente pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame et les responsabilités liées ;
  • Pour dénoncer les politiques migratoires meurtrières ;
  • Pour exiger que les Etats assument pleinement leur obligations en matière de secours et de sauvetage ;
  • Pour exiger la fin des entraves à l’action des ONG de secours et de sauvetage en mer ;

Dans la nuit du 13 au 14 juin, un bateau transportant autour de 750 personnes a fait naufrage au large de la Grèce. Seules 104 d'entre elles ont survécu, plus de 600 personnes sont donc mortes noyées, dont, selon les témoignages des survivants, une centaine d'enfants enfermés avec les femmes dans les cales du bateau.

Ce drame est survenu alors que les autorités maritimes européennes (en particulier Frontex) avaient repéré le bateau plus de douze heures avant le naufrage. Alors que les garde-côtes grecs ont prétendu que les passagers avaient refusé leur proposition d'aide et que le bateau naviguait à bonne vitesse vers l'Italie, les informations données par les survivants, les ONGs et l'analyse des données de navigation dans la zone montre le contraire. Ainsi, l'ONG Alarm Phone qui fournit aux migrants un numéro d'appel d'urgence explique avoir été contactée à plusieurs reprises par les passagers qui suppliaient d'être secourus. Par ailleurs, le Guardian a montré, grâce aux données de navigation des navires s'étant approchés du bateau en détresse que celui-ci était resté à la dérive pendant des heures. Il semble donc que les autorités maritimes grecques, maltaises, italiennes et européennes aient délibérément laissé le bateau et ses centaines de passagers à leur sort alors que la catastrophe, au vu des appels désespérés et de l'état de l'embarcation était clairement prévisible.

Il n'est en outre pas exclu que les garde-côtes grecs, en attachant une corde au bateau aient joué un rôle déclenchant dans la bascule de celui-ci. Les garde-côtes grecs sont maintenant bien connus pour leur pratique - illégale - de refoulement en mer des bateaux de migrants. Est-ce cette peur qui a conduit a un mouvement de foule et au renversement du bateau ? Quoi qu'il en soit, ces refoulements poussent les migrants à tenter d'éviter à tout prix les côtes grecques et à s'embarquer dans des périples beaucoup plus longs et dangereux, comme celui-ci qui visait à atteindre l'Italie depuis la Libye.

Encore une fois, la politique migratoire européenne a tué. Et n'oublions pas que ce n'est pas un cas isolé, qu'on ne peut pas dire "qu'on ne savait pas". Depuis le début de l'année, au moins 1166 personnes sont mortes en Méditerranée. Les tragédies qui se succèdent ne changent rien à l'inhumanité de nos politiques. Aujourd'hui encore, au moins 35 personnes se sont noyées au large des Canaries. Malgré cela, aucun système de sauvetage n'est mis en place et, pire encore, le travail des ONG présentes en mer, comme SOS Méditerranée est constamment entravé. Ainsi, l'Italie assigne maintenant des ports aux navires de sauvetage situés au nord du pays ce qui ajoute cinq jours de navigation aux rescapés et éloigne d'autant les secouristes de la zone de sauvetage.

Vendredi 26 mai, une personne a été retrouvée morte au CRA de Vincennes. D'après les témoignages de plusieurs détenus, il aurait été frappé par la police du CRA la veille et s'était plaint depuis une semaine de problèmes de santé. La police avait refusé de l'hospitaliser. Les prisonniers du CRA ont entamé une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions de vie indignes et les violences policières.

Cette tragédie vient s'ajouter aux deux personnes qui étaient décédées au CRA de Vincennes en 2019 et aux milliers de personnes qui meurent chaque année aux frontières de l'Europe forteresse.

Le collectif À bas les CRA appelle à manifester dimanche 28 mai devant le CRA de Vincennes. Le rendez-vous est fixé à 15h30 devant le RER Joinville le Pont.

Depuis sa création en 2008, les cercles de silence dénoncent l'existence des centres de rétention où sont enfermées des personnes qui n'ont commis d'autre crime que de tenter de chercher une vie meilleure dans notre pays. La France doit mettre en place une politique d'accueil digne de ce nom et cesser immédiatement les persécutions policières donc sont victimes les personnes migrantes. Combien de morts doivent encore peser sur notre conscience collective avant que cesse cette politique migratoire inhumaine et absurde ?

Et si l'Europe assurait un accueil digne des personnes migrantes, dès leur entrée sur le territoire ?

Une Initiative Citoyenne Européenne est lancée pour demander à l'Union Européenne la mise en œuvre d'une véritable politique d'accueil. L'initiative "Dignity in Europe" est centrée autour de deux exigences concrètes auprès de la Commission européenne :

  • La mise en place de normes contraignantes pour tous les États européens en matière d'accueil (alimentation, santé, logement, éducation, travail) qui garantissent des conditions de vie dignes à tous les demandeurs d'asile.
  • Réviser le règlement Dublin et mettre en place un nouveau mécanisme de répartition basé sur le libre arbitre des personnes concernées et la solidarité entre les États.

Pour être présentée à la Commission, cette ICE doit réunir un million de signatures d'ici avril prochain. Alors soyons nombreux à signer et faire passer le mot !

La préfecture de police de Paris nous a encore refusé l'autorisation de tenir le cercle de silence du mois de mai place du Palais-Royal, devant le Conseil d'État comme nous le faisons chaque mois.

Exceptionnellement, le cercle aura donc lieu place de l'Hôtel de Ville à 18h30.

Nous vous appelons donc à nous rejoindre nombreux pour ajouter à notre révolte contre la politique migratoire inhumaine notre refus de ce déni de démocratie.

A l'heure où des opérations policières contre les migrants ont lieu partout en France, (à Mayotte, à Grand-Synthe, à la frontière italienne...), nous devons plus que jamais clamer notre indignation contre cette politique et notre solidarité avec les exilés.

La préfecture de police de Paris nous a refusé l'autorisation de tenir le cercle de silence du mois d'avril place du Palais-Royal, devant le Conseil d'État comme nous le faisons chaque mois.

Exceptionnellement, le cercle aura donc lieu place du Trocadéro à 18h30.

Nous vous y espérons nombreux, nous en aurons besoin pour être visibles dans cet espace immense.

Le nouveau projet de loi Asile & Immigration du gouvernement vise à alourdir encore l'arsenal répressif contre les personnes migrantes : systématisation des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) et des interdictions de séjour, augmentation du nombre d'assignations à résidence et des centres de rétention...

Alors que les morts aux frontières se multiplient, rien n'est pensé pour arrêter cette tragédie ou pour fournir un accueil digne à ceux qui fuient la guerre, les persécutions ou le dérèglement climatique.

C'est pourquoi une coalition de syndicats, collectifs et associations appelle à manifester samedi 4 mars à 14h au départ du métro Château Rouge pour exprimer notre refus de cette énième loi répressive. Nous vous y espérons nombreux !

Manifestation contre la loi Darmanin